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Nanoparticules dans les aliments : quel risque pour la santé ?

Près de 900 produits alimentaires vendus en France contiennent une trentaine de nanomatériaux. Les risques pour la santé du consommateur restent mal connus, alerte l’Anses qui appelle à limiter leur usage.

La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Image d'illustration.  —  Crédits Photo : © Shutterstock / Jiri Hera

Que ce soit pour la texture, la conservation, la teneur en minéraux ou la couleur qu'elles confèrent, de nombreuses nanoparticules sont ajoutées dans les aliments. Mais leur présence a-t-elle un effet sur la santé des consommateurs ?

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) publie le 9 juin ses dernières recommandations sur le sujet. L’objectif est double : améliorer l’identification de ces nanomatériaux et mieux évaluer les risques sanitaires qu’ils comportent.

A lire aussi : Les nanoparticules présentes dans les médicaments sont-elles dangereuses ?

37 substances identifiées dans les aliments

Premier constat de l’agence : grâce aux données publiées dans la littérature scientifique, les experts de l’Anses ont identifié 37 substances, utilisées en tant qu’additifs ou ingrédients alimentaires. Parmi ces 37 substances, sept ont une présence avérée dans les aliments vendus en France : le carbonate de calcium, le dioxyde de titane, des oxydes et hydroxydes de fer, le silicate de calcium, les phosphates tricalciques, les silices amorphes synthétiques, des composés organiques et composites.

Les 30 autres ont une présence suspectée. L’Anses compte parmi eux l’aluminium, l’argent, l’or, le phosphates de magnésium, le citrate d'ammonium ferrique, les sels de sodium, les sels de potassium ou encore les sels de calcium.

Lait infantile, céréales, confiseries…

Aujourd’hui, près de 900 produits alimentaires intègrent au moins un additif ou un ingrédient répondant à la classification "substances pour lesquelles la présence de nanomatériaux manufacturés est avérée ".

Les aliments les plus concernés sont le lait infantile (25,6%), les confiseries (15,6%), les céréales du petit-déjeuner (14,8%), les barres céréalières (12,9%), les viennoiseries et desserts surgelés (10,9%).

"Limiter l’exposition des consommateurs"

Si l’Anses a aujourd’hui pu établir un état des lieux de l’utilisation des nanomatériaux dans l’alimentation, il reste encore à évaluer leurs risques sanitaires. "Compte tenu des incertitudes sur les risques qui représentent les nanomatériaux dans l’alimentation", l’Anses incite "à limiter l’exposition des consommateurs en évitant les usages superflus de nanomatériaux dans l’alimentation et en favorisant les produits sûrs, dépourvus de nanomatériaux, et équivalents en termes de fonction et d’efficacité" concluent les experts.

Prochaine étape, pour ces spécialistes : affiner la méthode d’évaluation qui permettra de comprendre le risque spécifique lié à ces substances. "Les premiers résultats sont attendus d’ici début 2021", promet l’Anses.

Mais que peuvent faire les consommateurs en attendant ces résultats ? Appliquer le principe de précaution et éviter les aliments qui comportent parmi leurs ingrédients du E 341(phosphates tricalciques), du E551 (silice amorphe) ou encore du E171, le dioxyde de titane, dont l’usage a été suspendu pour un an en France à compter du 1er janvier 2020.

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