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Des asticots pour soigner les plaies

Ils sont blanchâtres, visqueux et se nichent généralement dans les aliments gâtés… Les asticots sont peu ragoûtants, et pourtant, ils représentent un traitement de choix pour certaines plaies infectées. C’est la conclusion d’une étude française menée à l’hôpital de Caen.

Benjamin Batard
Rédigé le

Imaginez des dizaines d'asticots grouillant dans une plaie infectée... Un cauchemar pour beaucoup. Un espoir pour des médecins français qui viennent de tester l'efficacité de l'"asticothérapie", aussi appelée "larvothérapie" pour accélérer la cicatrisation des plaies infectées. Avec des résultats étonnants publiés dans la revue en ligne Archives of Dermatology(1).

Menée depuis 2008 dans le service de dermatologie du CHU de Caen, cet essai mené sur 120 patients a comparé l'efficacité de pansements contenant une vingtaine de larves de mouches à des pansements traditionnels sur des plaies dites "fibrineuses". Habituellement, ces plaies infectées, recouvertes d'une croûte jaunâtre de tissus nécrosés, doivent être décapées manuellement pour favoriser le processus de cicatrisation. "Les larves de mouches", indique le Dr Anne Dompmartin, dermatologue et coordonnatrice de l'étude, "se sont montrées plus efficaces qu'une infirmière pour réaliser ce travail de décapage".

Pour ne pas heurter les âmes sensibles, les asticots ne sont pas posés à même la peau. Ils sont prisonniers d'un pansement qu'il faut humidifier deux fois par jour. Et c'est à travers le tulle que la larve libère sa salive. Cette salive contient des enzymes qui vont détruire les cellules mortes, stimuler la production de tissus cicatriciels et même lutter contre certaines souches bactériennes résistantes aux antibiotiques.

L'utilisation des asticots en médecine n'est pas nouvelle. Les larves de mouches sont utilisées en Europe depuis l'Antiquité. En France, le célèbre Ambroise Paré, père de la chirurgie moderne, fut le premier à décrire l'effet bénéfique des asticots sur les plaies des soldats au cours de la bataille de Saint-Quentin (1557). Tombés dans l'oubli avec l'avènement des antibiotiques au XXe siècle, les asticots pourraient bien refaire surface pour traiter les plaies. Chassez le naturel, il revient en grouillant...

1. Maggot Therapy for Wound Debridement, A Randomized Multicenter Trial

Kristina Opletalová, MD; Xavier Blaizot, PhD; Bénédicte Mourgeon, RN; Yannick Chêne, MS; Christian Creveuil, PhD; Patrick Combemale, MD; Anne-Laure Laplaud, MD; Ingrid Sohyer-Lebreuilly, MD; Anne Dompmartin, MD, PhD Arch Dermatol. Published online December 19, 2011. doi:10.1001/archdermatol.2011.1895

 

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