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Tatouage : des nanoparticules dans les encres

Les tatouages sont à la mode mais peut-être pas sans risque. Des nanoparticules présentes dans les encres ont été retrouvées dans les ganglions lymphatiques.

La rédaction d'Allo Docteurs
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Tatouage : des nanoparticules dans les encres - Vidéo : les explications avec Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes

Selon une étude publiée le 12 septembre dans Scientific Report, certaines substances présentes dans les encres de tatouage ont été retrouvées dans le sang, les ganglions lymphatiques ainsi que dans les cellules immunitaires des personnes tatouées. Les chercheurs ont notamment localisé dans les ganglions lymphatiques de ces personnes, la présence d'un composant couramment utilisé dans les encres de tatouage, le dioxyde de titane. 

Les effets secondaires de la présence de ce pigment (oxyde) blanc qui sert de base pour certaines nuances de couleur sont déjà bien connus. "Cela peut conduire à un gonflement chronique et à une exposition permanente", souligne un résumé de l'étude diffusé par l'ESRF, ajoutant que "la cicatrisation lente, le gonflement localisé de la peau, les démangeaisons parfois constatées après un tatouage, sont autant d'effets indésirables associés à des tatouages blancs, et donc à l'usage du dioxyde de titane". Le dioxyde de titane est aussi utilisé dans les additifs alimentaires, les crèmes solaires et les peintures.

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Les nanoparticules voyagent dans le corps

"Quand quelqu'un veut se faire un tatouage, il est souvent très soucieux de choisir le bon salon, celui où les normes sanitaires sont respectées, celui où des aiguilles stériles neuves sont utilisées", constate Hiram Castillo, de l'ESRF. "Mais personne ne se pose la question de savoir quelle est la composition chimique des couleurs utilisées. Notre étude montre qu'il le faudrait !"

Jusqu'à présent, les dangers potentiels du tatouage n'avaient été étudiés que par des analyses chimiques menées in vitro sur les encres. Et la coloration des ganglions lymphatiques avait déjà été observée de visu. Mais "ce que nous ne savions pas, c'est que les pigments voyagent dans le corps sous une forme nano (...) et c'est le problème : nous ne savons pas aujourd'hui comment les nanoparticules réagissent", explique Bernhard Hesse de l'ESRF, auteur principal de l'étude. Pour obtenir la preuve ex-vivo d'un transport des pigments et d'éléments toxiques dans le corps, l'équipe de chercheurs a utilisé les rayons X ultra-puissants de deux lignes de lumières du synchrotron. Des compositions élémentaires de vingt échantillons de peau et de vingt-cinq ganglions lymphatiques provenant de personnes tatouées ainsi que deux échantillons de ganglions lymphatiques issues de personnes non-tatouées, ont été analysées à l'aide d'une digestion par micro-ondes à l'acide nitrique. 

Il est apparu que les particules issues des tatouages pouvaient être transportées passivement par le sang et les fluides lymphatiques, ou bien activement par des cellules immunitaires qui les phagocytent, avant d'être déposées dans des ganglions. "L'encre du tatouage apporte au corps un élément étranger qui va faire réagir le système immunitaire", explique Julie Villanova, qui a participé à l'étude. 

Prochaine étape de la recherche : analyser d'autres échantillons de patients tatoués présentant des effets indésirables, et relier éventuellement ceux-ci aux propriétés des pigments utilisés sur leur peau. "Pour l'instant on sait seulement que ces substances sont allergisantes, il est trop tôt pour établir un lien de cause à effet entre ces produits et des conséquences délétères sur la santé", conclut Julie Villanova. 

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