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Personnes âgées, attention aux fortes chaleurs

Durant la canicule, les personnes âgées souffrent particulièrement des températures élevées. L’Assistance publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) constate cette semaine une augmentation des pathologies liées à la chaleur auprès des personnes âgées, et notamment une augmentation de 30% des hyperthermies. Décryptage dans un service de gériatrie d’Ile-de-France.

La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Plus on est âgé, plus on a de maladies, plus on a des médicaments !  —  SHutterstock

Avec une température extérieure de plus de 35°C,  les personnes âgées de ce service gériatrique de l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif, sont privées de sortie. Agés de 85 ans en moyenne, elles doivent même rester trois heures au minimum dans la salle à manger rafraîchie à 24°C.

"Plus on est âgé, plus on a de maladies, plus on a des médicaments. Ce sont des facteurs qui sensibilisent à la chaleur. Dès que la chaleur augmente trop, les gens âgés ne boivent pas parce qu’elles n’ont pas la sensation de soif, et elles ne transpirent pas, parce qu’elles n’ont pas la capacité au niveau des glandes sudorales de transpirer, et donc elles se déshydratent", explique le Dr Christophe Trivalle, gériatre du service. 

Durant la canicule, la vigilance du personnel est donc renforcée pour éviter la déshydratation. C'est une vigilance de tous les instants envers des personnes à l’organisme des plus fragiles, comme l'explique l'infirmière Elodie Lapeyre : "On a beaucoup de patients Alzheimer qui n’ont pas le réflexe de se servir un verre, ou d’aller boire, et si on les laisse, c’est là que le risque de déshydratation devient important,  donc il faut vraiment qu’ils aient leur quota d’eau dans la journée afin d’éviter qu’ils se déshydratent."

Une hydratation par perfusion

Pour les patients les plus fragiles, avec une insuffisance rénale par exemple, il faut recourir à la perfusion. Martin Balblanc, interne du service, ne cache pas les difficultés de cette prise en charge : "Cela peut être difficile parce que les patients qui ont des troubles cognitifs ont tendance à les arracher eux-mêmes durant la nuit. On finit par ne pas pouvoir les réhydrater. On profite de la journée pour pouvoir les surveiller minute après minute." Cette hydratation à la carte est complétée de glucose ou de sels minéraux selon les besoins des patients.

Autre problématique, l’équipe médicale travaille dans un environnement qui ne facilite pas la prise en charge des patients durant la canicule. "Le bâtiment a été construit dans les années 1980. Il n’a pas été conçu pour ça. Il supporte très mal la chaleur et il est très difficile de le refroidir quand il fait très chaud. C’est un sur-risque pour nos patients. Pendant les périodes de très fortes chaleurs, il faudrait presque doubler le personnel soignant pour assurer une hydratation correcte et ça c’est quasiment impossible", confie le Dr Christophe Trivalle.

La surveillance rapprochée ne doit pas s’arrêter à la fin de la canicule car son contrecoup peut se faire ressentir des semaines après l’événement climatique.

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