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Fos-sur-Mer : les habitants les plus proches de la zone industrielle sont les plus malades

Les personnes vivant le plus près de la zone industrielle de Fos-sur-Mer sont plus à risque de cancers et de maladies chroniques, selon une étude participative. Les communes plus éloignées voient leur risque diminuer.

La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le
Crédits Photo : Wikimedia Commons

Cancer, asthme, diabète… Les personnes résidant le plus près de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-mer (Bouches-du-Rhône), au bord de l'Etang de Berre, souffrent davantage de problèmes de santé que celles qui vivent dans des communes plus éloignées du site. C’est ce que dévoilent les résultats du deuxième volet de l’étude participative en santé environnement ancrée localement (Fos-Epseal) financée par l’Anses et publiée le 18 juin 2019.


Selon les chercheurs à l’origine de cette étude, "il existe une gradation statistiquement significative en termes de prévalence de pathologies entre les villes de Fos-sur-Mer, Port-Saint-Louis et Saint-Martin-de-Crau". Ils ajoutent que "cette gradation serait liée à la distance de la zone industrielle".

A lire aussi : Etang de Berre : l'impact de la pollution confirmé

De deux à trois fois plus de cancers

Dans le premier volet de cette étude, publié début 2017, les chercheurs s’étaient concentrés sur les communes de Fos-sur-Mer et de Port-Saint-Louis, les plus proches de la zone industrielle. Le deuxième volet présenté ce jour s’est focalisé sur les habitants de Saint-Martin-de-Crau, éloignée de la zone industrielle de Fos-sur-Mer d’une trentaine de kilomètres.

Résultat : les habitants de Saint-Martin-de-Crau interrogés sont soumis aux émissions du trafic routier mais aussi à la pollution industrielle dispersée par les vents. Ils souffrent davantage de maladies chroniques, respiratoires et de cancers que la moyenne nationale : 12,4% ont été diagnostiqués pour un cancer au moins au cours de leur vie, contre 6% en France. Mais la prévalence de ces maladies reste plus importante dans les communes les plus proches, à Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis, où les habitants plus exposés aux polluants présentent trois fois plus de cancers que la moyenne nationale et où 63% des personnes interrogées souffraient d’une maladie chronique.

Ainsi, "l’état de santé des habitants du front industriel serait plus fragilisé qu’à Saint Martin-Martin-de-Crau concernant les problèmes respiratoires dans leur ensemble (et en particulier les allergies respiratoires autres que l’asthme) et les symptômes chroniques (irritations des yeux, maux de tête, problèmes de nez/gorge et problèmes de peau chroniques)", concluent aujourd’hui les chercheurs.

"Un état de santé fragilisé"

Suite à la publication du premier volet de l’étude Fos-Epseal en 2017, l'Agence Régionale de Santé (ARS) Provence-Alpes-Côte-d’Azur (PACA) avait mené une enquête de son côté. Elle avait également conclu que les habitants de la zone industrielle connaissaient "un état de santé fragilisé, dans une zone fragilisée par la pollution environnementale".

En outre, en février 2018, l’association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF) montrait grâce à une étude que les aliments produits autour de Fos-sur-Mer contenaient des polluants en doses élevées qui dépassaient les seuils réglementaires.

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