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Pourrez-vous bientôt connaître la date exacte de votre accouchement ?

Des chercheurs ont mis au point une méthode pour connaître la date de l’accouchement à partir d’une simple prise de sang. L’objectif est de mieux prendre en charge les femmes enceintes qui entrent en phase de travail.

La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Image d'illustration.  —  Crédits Photo : © Shutterstock / Image Point Fr

Avant ou après le terme, l’accouchement ne survient pas toujours au moment attendu. Alors comment savoir quand le travail va commencer ? Des chercheurs de l’université de Stanford ont élaboré un test sanguin pour connaître la date exacte de l’accouchement. Ils ont publié leurs recherches le 5 mai dans la revue Science Translational Medicine. Son principe : prédire quand une femme enceinte va accoucher en analysant les signaux immunitaires et biologiques dans son sang.

Plus de 7.000 signaux analysés

Les chercheurs ont suivi 63 femmes pendant les 100 derniers jours de leur grossesse. Elles ont donné des échantillons de sang pour analyse deux à trois fois avant l'accouchement. Toutes ont eu un accouchement spontané, c'est-à-dire qu'aucun n'a été déclenché artificiellement. 58 ont accouché à terme et cinq de façon prématurée.

Dans chacun des échantillons, les scientifiques ont analysé 7.142 signaux métaboliques, protéiques et immunitaires. Ils ont ensuite comparé ces résultats aux dates du prélèvement et à la date de l’accouchement.

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Le corps se prépare trois semaines avant

Les chercheurs ont observé dans le sang une transition claire entre la "progression de la grossesse" et une phase de "pré-travail" qui se produit deux à quatre semaines avant que la femme n'entame le travail. Et ce aussi bien chez les femmes qui ont mené leur grossesse à terme que chez celles qui ont accouché prématurément.

La physiologie de le femme enceinte commence à changer "environ trois semaines avant le début effectif du travail" commente la docteure Virginia Winn, co-autrice de l’étude, dans un communiqué de l’université. "Il ne s'agit pas d'un interrupteur unique, il y a cette préparation par laquelle le corps doit passer" poursuit-elle.

Hormones, facteurs de coagulation, protéines…

Concrètement, plus la date de l’accouchement se rapprochait, plus le sang contenait d’hormones stéroïdiennes telles que la progestérone et le cortisol. Il contenait aussi moins de molécules favorisant la formation de vaisseaux sanguins, un premier pas vers l'affaiblissement du lien entre le placenta et l'utérus.

Le sang présentait aussi davantage de facteurs nécessaires à la coagulation du sang, qui permettent d'éviter les pertes de sang après l'accouchement. Mais le principal indicateur est une protéine immunitaire, qui inhiberait la réaction inflammatoire qui a lieu pendant l’accouchement, quand le matériel placentaire et les cellules fœtales atteignent le sang de la mère.

Une fenêtre de deux semaines

A partir de ces données, les chercheurs ont construit une méthode qui calcule une date d’accouchement dans une fenêtre de deux semaines. C’est mieux que les estimations actuelles, qui considèrent que tout ce qui se situe dans une fenêtre de cinq semaines – de trois semaines avant à deux semaines après la date prévue, soit de 37 à 42 semaines de grossesse – est une date d'accouchement normale.

Et les chercheurs s'attendent à ce que la méthode devienne encore plus précise à mesure que la technique sera affinée.

Selon eux, le test prédictif final issu de ces travaux pourrait être disponible d’ici deux à trois ans. Prochaine étape, d’ici là : valider leurs résultats chez un plus grand nombre de femmes enceintes et réduire le nombre de marqueurs biologiques nécessaires à la prédiction.

Mieux comprendre le travail

En pratique, à quoi servira-t-il ? Une prédiction précise est utile pour des raisons de planification bien sûr, mais aussi pour des raisons médicales. Par exemple, le fait de pouvoir vérifier si une femme souffrant de contractions prématurées est en phase de pré-travail pourrait aider les médecins à décider du protocole à adopter.

Mais ce n’est pas tout : "si nous comprenons ce qui régule le travail, nous pourrions être en mesure de mieux le déclencher", confie enfin la docteure Virginia Winn.

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