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Confinement : les lourdes conséquences psychologiques de l'arrêt des PMA

Les femmes qui ont dû interrompre leur traitement contre l’infertilité pendant le confinement ont payé un lourd tribut en termes de santé mentale et de qualité de vie, selon une étude canadienne.

La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Image d'illustration. Une femme pratique une injection d'hormones dans le cadre d'un traitement de procréation médicalement assistée.  —  Crédits Photo : © Shutterstock / Aleksandra Suzi

"Un impact négatif considérable sur la santé mentale et la qualité de vie des femmes." C’est le constat que font deux chercheuses en psychologie à l’université de Regina (Canada) pour les femmes qui ont vu leur procédure de procréation médicalement assistée (PMA) stoppée nette par l’épidémie de coronavirus. Elles publient leur étude le 18 septembre dans le journal scientifique Plos One.

A lire aussi : La PMA à l'épreuve de l'épidémie de covid-19

FIV et IIU suspendues

Leur recherche s’est appuyée sur 92 femmes vivant aux États-Unis et au Canada, sous traitement contre l’infertilité au 17 mars 2020, date à laquelle la Société américaine de médecine reproductive (ASRM) et la Société canadienne de fertilité et d’andrologie (CFAS) ont recommandé de suspendre "immédiatement et indéfiniment" tous les traitements en raison du covid-19*.

Les participantes à l’étude étaient âgées de 20 à 45 ans et essayaient de concevoir un enfant depuis un temps allant de cinq mois à 15 ans. Plus de la moitié d’entre elles ont eu un cycle de fécondation in vitro (FIV) annulé et un tiers était au milieu d’une procédure d’insémination intra-utérine (IIU) lorsque les traitements ont été suspendus.

52% de symptômes dépressifs

Ces 92 femmes ont rempli une série de questionnaires visant à renseigner les chercheuses sur l’état de leur santé mentale et de leur qualité de vie.

Résultat : 86% des participantes ont rapporté que la suspension de leur traitement avait eu un impact négatif sur leur santé mentale. Pire, plus de la moitié des participantes (52%) ont éprouvé des symptômes dépressifs liés à l’arrêt de leur traitement.

Mieux accompagner les femmes en PMA

"Cette étude met en évidence l'énorme défi que la pandémie de covid-19 a représenté pour les femmes dont les traitements contre l’infertilité ont été suspendus" concluent les deux chercheuses.

Par ailleurs, l’étude montre aussi que les femmes qui acceptaient davantage l’infertilité, qui bénéficiaient d’un meilleur soutien social et qui étaient moins pessimistes avaient psychologiquement moins souffert que les autres. Autant de pistes à étudier pour améliorer l’accompagnement des femmes dans leur parcours de PMA.

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*En France, les traitements contre l’infertilité ont également tous été suspendus le 14 mars et ont repris le 11 mai 2020.

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