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Immersion dans le premier campus sans tabac de France

Parcs, abords des écoles... la cigarette est de moins en moins la bienvenue. Certaines structures vont plus loin, comme à Rennes, où se trouve le premier Campus sans tabac. Visite guidée à l'occasion du Mois Sans Tabac.

Camille Leclercq
Rédigé le

Ce n'est pas une politique répressive stigmatisant les fumeurs, bien au contraire. "Ici on est sur le campus sans tabac de l'EHESP", explique Mathilde, étudiante à l'École des Hautes Études en Santé Publique à Rennes. Ne cherchez pas de mégots ou les cendriers sur le parvis de cette école de santé publique. La cigarette y est interdite depuis 2018, mais pas les fumeurs.

Pas de tabagisme passif

"C’est plus 'Campus sans tabac visible'… Le but est vraiment surtout de faire en sorte qu'il n’y ait pas de tabagisme passif, que les fumeurs soient entre eux et que ce soit à eux de s’adapter aussi et que ce ne soit pas aux non-fumeurs de subir la fumée", commente Diane Mathelier, étudiante à l'École des Hautes Études en Santé Publique à Rennes.

Diane et Mathilde sont étudiantes et ambassadrices de cette lutte contre le tabagisme. Elles informent, veillent au respect des règles et au bon état des zones fumeurs. 

Dissuader plutôt que stigmatiser

Seulement quatre abris rudimentaires sont implantés sur les neuf hectares du campus. Ici il n'y a pas de répression ou de stigmatisation, mais une politique dissuasive.  

"Forcément quand c’est moins accessible, quand la pause dure cinq minutes, on n’a pas forcément le temps de venir fumer. Le café ou la clope, il faut choisir, ça fait réduire un petit peu, ce qui n’est pas plus mal dans le fond", confirme Nolwenn Trouvé, étudiante.

"J'en fumais une trentaine, actuellement j'en suis à 20"

Pour Franck, le campus sans tabac fonctionne bien. Chaque jour son paquet de cigarettes se vide moins vite, qu’avant son arrivée en septembre.   

"J’en fumais une trentaine et actuellement j’en suis à 20... La majorité des gens de ma promotion ne fument pas. Je ne vais pas me retrouver seul dans un abri pour fumer alors que j’ai toute ma promotion qui se retrouve ailleurs pour boire un café et discuter ensemble", confie Franck.

Une tabacologue pour accompagner les fumeurs

Il souhaite maintenant se libérer de ses 20 dernières cigarettes. Pour atteindre cet objectif, Franck peut compter sur l’aide de l’infirmière tabacologue du campus.   

"Vous m’avez dit 20 cigarettes, au bout de 10 ans, vous avez 36.000 euros, de quoi payer un tiers d’appartement… c’est énorme…", commente la tabacologue.

Cette consultation est gratuite, tout comme les substituts qui lui sont prescrits.

"De moi-même, là je ne savais pas par où commencer pour pouvoir arrêter de fumer et aller voir quel type de spécialiste donc le fait qu’il y ait le système à l’école, ça permet de pouvoir parler directement avec un professionnel", avoue Franck.

Former les managers de demain

Ce projet de Campus sans Tabac n’est pas anodin pour cette école. Parmi les étudiants se trouvent les futurs directeurs d’établissements de santé.  

"Pour nous, c’est important de leur faire prendre conscience de l’importance du tabagisme et de la possibilité de vivre et d’évoluer au niveau du travail dans un lieu sans tabac pour que eux-mêmes puissent, quand ils seront managers, mettre en place un hôpital sans tabac, un Ehpad sans tabac...
Ça va faire un peu boule de neige puisque ça va permettre de contribuer à ce que le tabac soit de moins en moins visible dans la société et de moins en moins vu comme un produit ordinaire"
, explique la professeure Karine Gallopel-Morvan, experte en prévention du tabagisme à l'École des Hautes Études en Santé Publique.

Rennes n’est pas la seule ville à accueillir cette initiative. L’université de Strasbourg et la faculté de médecine d’Angers ont aussi décidé de bannir la cigarette.  

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