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Il mangeait des pénis d'ours pour améliorer ses performances sexuelles

Les autorités indiennes ont arrêté le 18 octobre un braconnier de tigres qui mangeait les pénis d’ours lippus, pour leurs prétendues vertus contre l'impuissance. L’homme était recherché depuis plus de six ans. Une spécialiste nous éclaire sur ces pratiques superstitieuses dénuées de fondement scientifique. 

Lucile Boutillier
Rédigé le
Ours lippu

En 2013, le Madhya Pradesh, région du centre de l’Inde, a découvert des cadavres d’ours lippus. Ces cadavres dépourvus d’organes génitaux faisaient partie d’une espèce classée comme vulnérable.

Le braconnier arrêté le 18 octobre, a reconnu avoir tué plusieurs tigres, de nombreux ours et des centaines de sangliers et de paons, selon le quotidien Times of India.

Cet homme appartient à une communauté qui pense que les pénis d’ours lippus possèdent des vertus curatives, en particulier contre l’impuissance sexuelle. 

« Les pénis de tout un tas d’animaux sont consommés pour la médecine traditionnelle asiatique, surtout chinoise. », explique à allodocteurs.fr, le Dr Aline Mercan, médecin généraliste et spécialiste des pharmacopées des médecines traditionnelles.

Elle précise que, si ces pratiques n’ont pas de fondements scientifiques, « il ne faut pas oublier que l'on a utilisé des animaux dans la pharmacopée française jusqu’à la fin du XIXe siècle ».

La chimie prend le relai en Occident

« Si certains de ces procédés, comme celui du pénis d’ours, relèvent du totémisme, les bienfaits médicaux de certains produits d’origine animale sont avérés et toujours utilisés aujourd’hui ! C’est le cas de la graisse de marmotte, sur les rhumatismes notamment. Tout n’est pas superstitieux dans cette utilisation », explique Aline Mercan.

« La médecine chinoise exporte surtout ses recettes à base de plantes en Occident. Culturellement, ces populations veulent de moins en moins de produits animaux dans leurs médicaments, » affirme la scientifique.

Elle prend l’exemple d’une substance appelée « or brun de l’Himalaya », aussi appelée viagra de l’Himalaya. « C’est un champignon qui sort de la tête d’une chenille. En Chine, il est vendu avec la chenille, alors qu’en Occident c’est sous forme de gélules. Il se développe des fermes où il est cultivé sur des céréales. »

Des "fermes à bile d'ours"

Le docteur Mercan n’est surprise ni par les habitudes alimentaires du braconnier arrêté en Inde, ni par ses habitudes commerciales. Un responsable du département forestier de la région a indiqué qu’il vendait également les vésicules biliaires d’ours à des hommes d’affaire à travers l’Inde.

« La bile d’ours se vend très très cher », commente-t-elle. Il existe même des « fermes à bile » en Chine, « où des tuyaux sortent du ventre des ours et vont directement dans la vésicule pour récolter la bile ». Les ours de ces fermes vivent dans des conditions absolument dramatiques.

La médecine traditionnelle asiatique, comme celle d'Europe avant elle, semble amorcer une transformation : « on observe une grande évolution de la médecine, avec par exemple la disparition des recettes comprenant beaucoup d’ingrédients (parfois plus de cent !). »

Les praticiens de ces médecines traditionnelles, dûment formés et expérimentés, ne délivrent pas ces remèdes relevant du folklore et des dérives du braconnage. En cas d'impuissance sexuelle, il existe de nombreuses solutions , scientifiquement validées (et surtout légales) pour reprendre la main !

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