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Un nouvel espoir contre le mélanome

Comment un mélanome superficiel se propage-t-il ensuite dans l'ensemble du corps ? Pour la première fois, une équipe de recherche a montré comment ce cancer de la peau réussit à coloniser l'ensemble de l'organisme.

La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Le mélanome est le cancer de la peau le plus dangereux

Une personne meurt toutes les 52 minutes d'un mélanome dans le monde. Pourtant, si le nombre de cas est en constante augmentation, la mortalité ne cesse de baisser. Ce dangereux cancer de la peau est pris en charge de plus en plus tôt, augmentant considérablement les chances de survie. Une nouvelle étude, publiée le 22 août dans la revue Nature Cell Biology, pourrait renforcer l'arsenal thérapeutique contre le mélanome.

Les chercheurs, israéliens et allemands, ont découvert le mécanisme qui permet au mélanome de se propager vers d'autres organes. Pour cela, ils ont analysé des échantillons de peau de patients souffrant d'une forme précoce de mélanome, avant le stade invasif. Les auteurs se sont alors aperçus que  le mélanome était capable d'envoyer de minuscules vésicules qui propagent la maladie dans d'autres parties du corps.

Des vésicules qui permettent la colonisation

Au tout début de la maladie, le mélanome se forme sur la partie supérieure de la peau : l'épiderme, dépourvu de vaisseaux sanguins. Or, pour coloniser le reste de la peau, vascularisée, le cancer doit avoir accès au sang. Ce mécanisme de passage n'avait jusqu'alors jamais été élucidé.

Les auteurs ont observé que les cellules cancéreuses passaient de l'épiderme au derme, la couche interne de la peau, vascularisée, via de petites vésicules. Ces vésicules, remplies de microARN, modifient ainsi la structure de la peau autour du mélanome, pour faciliter le transport des cellules cancéreuses et leur propagation. C'est la première fois qu'un tel changement de morphologie est observé, explique l'étude. De nombreuses recherches montrent, par ailleurs, que les microARN sont impliqués dans un certain nombre de tumeurs. L'ARN est la transcription de l'ADN, qui permet ensuite la synthèse de protéine.

Bloquer la progression ?

"La menace que constitue le mélanome ne se trouve pas dans la tumeur initiale qui apparaît sur la peau, mais plutôt dans les métastases lorsque les cellules de la tumeur sont envoyées pour coloniser des organes vitaux tels que le cerveau, les poumons, le foie et les os" souligne Carmit Levy, l'une des auteurs, à l'AFP.

En toute logique, donc, en bloquant la diffusion de ces vésicules, appelées mélanosomes, il deviendrait possible de stopper nette la progression du mélanome. Le cancer resterait alors cantonné à la couche superficielle de la peau. "Nous espérons que nos découvertes vont permettre au mélanome de devenir une maladie facilement curable" a-t-elle ajouté.

Si ces résultats suscitent les espoirs les plus fous, l'étude reste préliminaire. D'autant plus que, pour être efficace, le blocage des vésicules devra être effectué à un stade très précoce, lorsque le mélanome est uniquement localisé sur l'épiderme. Actuellement, le dépistage précoce de ce cancer de la peau permet déjà d'améliorer grandement les chances de survie.

Source : Melanoma miRNA trafficking controls tumour primary niche formation. S. Dror et al. Nature Cell Biology, août 2016. doi:10.1038/ncb3399

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