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Une chirurgie de pointe pour traiter la maladie de Parkinson

Lenteur des mouvements, rigidité ou encore tremblements, en France plus de 200 000 personnes souffrent de la maladie de Parkinson. Pour traiter cette pathologie, il y a les traitements médicamenteux, mais dans certains cas ils ne suffisent pas ou plus et une intervention chirurgicale est possible.

Delphine Renault
Rédigé le , mis à jour le
Shutterstock
Magazine de la Santé

Farid, est un jeune parkinsonien qui a été diagnostiqué il y a 6 ans alors qu’il avait 40 ans. Il a des tremblements importants pour lesquels il prend un traitement médicamenteux à base de dopamine.  

Dans la maladie de parkinson, il y a 2 noyaux subtalamiques qui sont situés au centre du cerveau et qui sont responsables en partie de la motricité. À cause d’un manque de dopamine (un messager chimique qui assure la communication entre les neurones), les neurones de ces noyaux sont perturbés, ils sont hyperactifs. C'est cette hyperactivité qui engendre les symptômes de la maladie.  

La maladie avec ses tremblements, mais aussi les raideurs, deviennent de plus en plus handicapantes dans le quotidien.

"Ça, ça va, ça c’est beaucoup plus compliqué si je veux prendre mon verre explique Farid. Au niveau de la jambe gauche, j’ai des retards aussi au niveau de la mobilité. J'ai des mouvements incontrôlés, des tremblements au repos et ça je ne peux pas les contrôler. Dans la journée je peux passer du gars normal au papy de 82 ans qui a du mal à marcher". 

Il est rentré à l’hôpital, pour une opération très impressionnante. Son neurologue lui a proposé une stimulation cérébrale profonde qui devrait lui permettre de réduire ses tremblements. 

Il s’agit d’une intervention rare, seuls 5 à 10 % des malades parkinsoniens rentrent dans les critères. Cette opération du cerveau est lourde.

Farid : "Sous stress, j’ai un peu de dyskinésie qui se rajoute à celles qui sont déjà habituelles. Disons que je suis un peu impatient de dormir comme ça je rumine moins. C'est la 1ère fois que je me fais opérer aussi longtemps. Je serai sous anesthésie générale, normalement tout va bien se passer et c’est vrai qu’il bosse sur un organe qui est sensible donc j’espère qu’il prendra son temps, j’ai hâte de voir le résultat". 

Jusqu’à récemment les patients restaient éveillés pour vérifier en direct l’effet de la stimulation sur leurs mouvements.

De nouvelles technologies d'opération

L’hôpital Fondation Rothschild se base uniquement sur l’imagerie du cerveau sans réveiller le patient, c’est d'ailleurs ce qui rassurait Farid.  

Alors qu’il s’endort tranquillement sur la table d’opération, le neurochirurgien étudie l’IRM du cerveau qui est une sorte de cartographie. Il va implanter des électrodes dans les noyaux subtalamiques pour les stimuler. Il plonge au cœur du cerveau, c’est une opération extrêmement délicate. 

Dr Vincent d'Hardemare, hôpital Fondation Adolphe de Rothschild : "Pour régler ce groupe de neurones, ce noyau subtalamique, l’idée est de soumettre un courant électrique et de là l'obligation de mettre un outil qui est l'éléctrode, le traitement étant l'électricité. Là, c’est une représentation de ce qu'on souhaite faire. On vise ce qui est en vert, le noyau subtalamique. Une fois qu’on a défini quels étaient les points intéressants, on va définir les points d’entrée. On va les définir pour, que tout au long où on traversera le cerveau, éviter les structures fragiles, on passe au travers des structures qui n’ont pas une fonction majeure. Classiquement on dit que c’est un grain de riz dans le cerveau. Un gros grain de riz."

Précision et minutie pour cette chirurgie 

Pour atteindre les noyaux subtalamiques et pour éviter de léser le cerveau, tout est réglé au millimètre grâce à des outils qui permettent de trouver le bon angle et la bonne inclinaison. Le chirurgien va ouvrir la boite crânienne et insérer des guides à travers le cerveau pour y placer des électrodes.  

Avant de les placer, il va écouter le son des neurones grâce à des microsondes. Chaque partie du cerveau émet des sons bien particuliers grâce à un chercheur qui est l’oreille d’or du bloc et qui localise le centre du noyau subtalamique.

Laurent  Goetz, chercheur électrophysiologiste, hôpital Fondation Adolphe de Rothschild  : "On entend ces crépitements de neurones. Ça, c’est typique du subtalamique. On entend l’activité des neurones du patient. Vous voyez ici y a 2 belles activités sur l’électrode centrale et l’électrode médiane donc à la fin, on va avoir une synthèse qui va nous dire qu’elle est la meilleure électrode. On a décidé qu’on serait sur la micro électrode centrale. Ça, c’est l'électrode définitive, on a mesuré pour que l’on soit à la bonne profondeur et on va descendre tranquillement". 

Maintenant qu’ils ont localisé le centre du noyau subtalamique, le chirurgien implante la 1ère électrode, puis la seconde grâce au même procédé.
Après un contrôle scanner pour vérifier le bon positionnement, les électrodes sont raccordées à un boîtier, une sorte de pacemaker installé au niveau de l’abdomen. C’est lui qui enverra le courant électrique pour la stimulation en continu. Cette stimulation va réguler, moduler les neurones des noyaux subtalamiques.  

L’opération aura duré environ 7 heures. 
Farid va bien, il récupère doucement. Sa neurologue, le docteur Cécile Hubsch fait les 1ers réglages des électrodes pour abaisser progressivement ses tremblements. 

Dr Cécile Hubsch, neurologue : "Il y a un petit tremblement qui arrive donc j’augmente un tout petit peu l’amplitude et on essaie . Voilà très bien, impeccable. Pour le moment on a un réglage assez standard et on augmente tout doucement. 

Il faut attendre en moyenne 3 mois pour avoir le résultat final de l’opération. Farid est déjà très content des 1ers résultats. 

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