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Infarctus, AVC... les femmes jeunes de plus en plus touchées

Première cause de mortalité chez les femmes en France, les maladies cardiovasculaires touchent de plus en plus de femmes jeunes, mettent en garde les spécialistes. En matière de prévention, les femmes doivent être particulièrement sensibilisées à ce risque grandissant, mais souvent sous-estimé, rappellent-ils.

La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le

"Les infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 50 ans ont triplé ces quinze dernières années", rappelle le professeur Claire Mounier, présidente de la Fédération Française de Cardiologie (FFC), à la veille de la Journée mondiale du coeur qui a lieu ce mardi 29 septembre.

Maladies cardiovasculaires : les femmes jeunes sous-estiment le risque

Les maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC...) ne sont plus l'apanage exclusif des femmes de plus de 65 ans ; elles progressent chez les plus jeunes en raison de l'évolution de leur mode de vie.

Plus de 60% des infarctus chez les moins de 60 ans sont attribuables au tabac, assure la fédération française. Un risque qui augmente surtout après 35 ans chez les fumeuses sous pilule combinant oestrogènes et progestatifs. D'où l'importance, selon la FFC, d'adapter la contraception en fonction du risque individuel.

Quant à l'obésité, au cours des dix dernières années, elle a augmenté principalement chez les femmes de 18 à 25 ans et sa fréquence est plus élevée chez les femmes (15,7%) que chez les hommes (14,3%), selon l'étude Obepi 2012.

L'embonpoint abdominal, souvent associé au diabète, à l'hypertension artérielle et à l'excès de graisses dans le sang, constitue un marqueur de risque cardiovasculaire, soulignent les spécialistes.

Une vigilance particulière doit être portée à trois périodes : la contraception, la grossesse après 35 ans (risque d'hypertension) et la ménopause (prudence sur les traitements hormonaux substitutifs et danger de l'hypertension), résume le Dr Christelle Diakov, cardiologue à l'Institut Montsouris à Paris.

Infarctus : des signes d'alerte que les femmes ignorent

Les femmes méconnaissent fréquemment les signes d'alerte de la crise cardiaque. Typique chez les hommes, la douleur dans la poitrine irradiant la mâchoire et le bras gauche est absente chez elles dans 43% des cas, souligne le Dr Christelle Diakov.

Trop vite interprétés comme les signes d'une "crise d'angoisse", une douleur au milieu du dos, un essoufflement, des palpitations à l'effort, des nausées, une fatigue inhabituelle, doivent pourtant inciter à consulter.

En outre, les femmes hésitent davantage à appeler le Samu. Elles sont moins bien dépistées, prises en charge plus tardivement, voire moins bien traitées que les hommes, d'après les études.

L'une d'elle, l'enquête française Cassandre (2011) sur des patients hospitalisés en soins intensifs en cardiologie, montre également que 40% des hommes et 31% des femmes pensent, à tort, que l'infarctus du myocarde est moins grave chez la femme.

En Europe, les maladies cardiovasculaires représentent 42% des décès chez les femmes contre 27% pour les cancers, note la Fédération française de cardiologie. L'infarctus du myocarde en est la première cause, avec 18% des décès féminins, suivi par l’accident vasculaire cérébral (AVC, 14%), puis les autres pathologies vasculaires, selon la FFC.

Vers plus de prévention

Dans le monde chaque année, 17,5 millions de personnes meurent en raison de maladies cardiovasculaires et une femme sur trois en décède, selon la Fédération mondiale du coeur, initiatrice de la Journée mondiale du coeur. Elle plaide pour "créer un environnement sain pour la protection de la santé du coeur" (alimentation équilibrée, exercice physique, lutte contre le stress, le tabac, réduction de la pollution, etc.) et veut "encourager" l'action des autorités.

Dans le cadre d'un bilan de prévention chez les personnes à risques, un "score calcique" (dépôts de calcium pouvant rétrécir les vaisseaux), établi grâce à un scanner, peut aider dans certains cas à mieux cerner le risque et décider s'il faut entreprendre ou non un traitement intensif, estime le Dr Jean-François Paul, spécialiste d'imagerie médicale. Cet examen simple et rapide permet de voir l'état des artères coronaires (artères nourricières du coeur dont l'obstruction aboutit à l'infarctus) et de dépister ainsi une maladie coronaire à un stade précoce, avant tout symptôme. 

 

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