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Surveiller les problèmes cardiaques à distance

La survenue de choc électrique est souvent mal vécue par les patients porteurs de défibrillateur automatique cardiaque. Des chocs pas toujours nécessaires et qui pourraient même parfois être évités. Pour réduire ce risque, l'Institut Coeur-Poumon du CHRU de Lille a mis en place depuis quinze ans un système de télésurveillance.

La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le

Un coup de téléphone pour vérifier que tout va bien. Tous les matins, une infirmière de télécardiologie passe en revue les alertes enregistrées sur les défibrillateurs des patients et repère le moindre signal suspect.

Depuis quinze ans, le service de cardiologie du CHRU de Lille a mis en place un système de télésurveillance des défibrillateurs. "Cela nous permet de réagir rapidement en cas d'anomalie détectée par la télésurveillance et d'être présent quand les patients ont besoin de nous au moment d'un événement rythmique, d'un problème de matériel, au moment d'une situation potentiellement à risque", explique le Dr Stéphane Boulé, cardiologue.

Cette télésurveillance permet de repérer les troubles cardiaques quotidiennement, mais aussi d'anticiper les chocs électriques pas toujours nécessaires : "Le risque principal en l'absence de télésurveillance, c'est la survenue de chocs électriques. Et on sait que les chocs électriques sont des évènements extrêmement traumatisants pour les patients. Et donc tout doit être fait pour essayer de limiter au maximum le risque de survenue des chocs électriques", confie le Dr Boulé.

Le suivi des données quotidien et à distance permet une prise en charge plus adaptée. Les contrôles à l'hôpital sont ainsi moins fréquents et l'organisation du service de cardiologie a totalement changé : "Ce système nous a permis de laisser vivre les patients, de les laisser travailler, profiter de la vie… sans les ramener sans cesse à l'hôpital pour rien. Et cela nous a permis de nous concentrer sur les patients qui n'allaient pas bien, qui avaient vraiment besoin de nous, pour lesquels on devait modifier le traitement médical et pharmacologique, pour lesquels on devait modifier la programmation du défibrillateur et pour lesquels on devait même parfois revoir la prise en charge", souligne le Dr Laurence Guedon-Mureau, cardiologue rythmologue.

En France, la télésurveillance de défibrillateur est encore peu développée. Mais le service de cardiologie de l'hôpital de Lille spécialisé dans ce domaine surveille à distance près de 1.600 patients porteurs de défibrillateur.

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