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Dépister le cannabis à la sortie des lycées : une fausse bonne idée ?

Des tests salivaires à la sortie des lycées. C'est la proposition de Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, pour lutter contre la consommation de cannabis chez les jeunes. Elle entend se battre contre le décrochage scolaire en ciblant la drogue. La proposition est-elle adaptée ? Doit-elle être généralisée dans les 470 lycées franciliens ?

La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Dépister le cannabis à la sortie des lycées, une fausse bonne idée selon le Pr Amine Benyamina, psychiatre-addictologue à l'hôpital Paul Brousse de Villejuif

La consommation de cannabis chez les lycéens ne cesse d'augmenter. Selon les chiffres collectés en 2014 auprès des jeunes de 17 ans lors de la Journée défense et citoyenneté (JDC), ancienne Journée d'appel de préparation à la défense (JAPD), un jeune sur deux dit l’avoir déjà expérimenté et près d'un sur dix en consomme régulièrement. 

Des tests salivaires pour lutter contre la consommation de cannabis

Valérie Pécresse, nouvelle présidente de la région Ile-de-France, propose donc des tests salivaires pour lutter contre la consommation de cannabis.

Organisés sur la base du volontariat des établissements scolaires, après validation du conseil d'administration, les tests devront respecter le secret médical. Les résultats individuels ne pourront être donnés qu'aux parents et aux jeunes testés.

"C'est une fausse bonne idée. Le fait d'avoir accès aux résultats va forcément impliquer une prise de décision chez l'adulte, que ce soit les parents ou l'encadrement. Alors quelle décision doit-on prendre ? C'est toute la problématique de la prise en charge et de la prévention des addictions chez les adolescents. Ce doit être un travail en lien avec les professionnels de santé et nous sommes prêts à travailler ensemble. Que faire si vous trouvez de la cocaïne dans un lycée, si vous trouvez un enfant alcoolisé ou en possession du GHB par exemple, « la drogue du violeur »?", explique le Pr Amine Benyamina, psychiatre-addictologue à l'hôpital Paul-Brousse, à Villejuif.

Créer des espaces de dialogue avec les jeunes

Pour lui, il faut mettre en place des espaces de dialogue et d’échanges avec les jeunes notamment à travers les pairs. "Nous sommes très mauvais en matière de prévention et d'adaptation aux outils de prévention auprès d'une jeunesse qui a une avance sur nous. Pourquoi ne pas utiliser des outils performants comme Instagram ou Snapchat pour pouvoir parler avec eux", ajoute-t-il.

Parmi ses propositions, Valérie Pécresse souhaite également mettre en place un "référent addiction" dans chaque lycée. Cette personne sera chargée de faire de la prévention auprès des lycées et "d'assurer leur sécurité vis-à-vis des dealers". D'autres propositions sont avancées par le principal syndicat des chefs d'établissements (SNPDEN)

comme l'allègement de la pression des résultats dans les écoles ou encore une communication renforcée entre les parents et les enseignants.

 

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