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Prolapsus : quand les organes descendent

Fuites urinaires, sensation de pesanteur dans le bas-ventre... après 45 ans, près d'une femme sur deux serait concernée par une descente de l'utérus, de la vessie ou du rectum. C'est ce qu'on appelle le prolapsus. Mais par honte, hommes ou femmes hésitent souvent à consulter alors qu'il y a des solutions.

La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Marina Carrère d'Encausse et Philippe Charlier expliquent le prolapsus, ou descente d'organes.

La descente d'organes ou prolapsus correspond à l'affaissement anormal de l'un des organes du pelvis féminin ou masculin. Les femmes redoutent le prolapsus car il entraîne une gêne physique importante, et parfois de la honte. Pourtant, avec l'allongement de la durée de vie, les consultations pour ce problème augmentent.

Comprendre le prolapsus

Il concerne en majorité des femmes de plus 50 ans qui ont eu plusieurs grossesses, mais de nombreux facteurs entrent en jeu, comme les hormones, les effets de poussées (constipation, accouchement), une fragilité de naissance ou acquise après une opération chirurgicale.

Vessie, rectum et appareils génitaux sont les organes susceptibles d'être concernés par le prolapsus chez l'homme et la femme. Tous ces organes ont un poids conséquent. Ils sont normalement soutenus par des ligaments et des muscles, c'est ce que l'on appelle le périnée ou le plancher pelvien. 

Mais il arrive que ce plancher se distende et se relâche. Résultat, les organes ne sont plus correctement maintenus à leur place, ils descendent, c'est le prolapsus. Dans les cas les plus graves, les organes peuvent même sortir en partie du corps. Si les femmes sont beaucoup plus touchées par les prolapsus, c'est parce que l'orifice du vagin est une zone de faiblesse dans le périnée, par lequel peut sortir l'organe.

Les différents types de prolapsus

Il existe plusieurs sortes de prolapsus. Quand la vessie descend dans le vagin on parle de cystocèle, c'est le cas le plus fréquent (chez les hommes la vessie va au-delà du périnée). Quand l'utérus descend dans le vagin, c'est un hystérocèle. Et quand le rectum descend dans le vagin, on parle de rectocèle

Un homme peut être concerné par le prolapsus du rectum, même si c'est beaucoup plus rare que chez les femmes : il s'agit le plus souvent des adolescents ou hommes jeunes, ou après une chirurgie du rectum. 

L'intestin grêle peut lui aussi faire l'objet d'un prolapsus, il s'agit alors d'une élytrocèle, mais c'est beaucoup plus rare. Dans les cas les plus graves de prolapsus, les organes peuvent même sortir en partie du corps. Une boule peut alors être palpable.

Quels sont les symptômes d'un prolapsus ?

La plupart du temps, la descente d'organes ou prolapsus se manifeste par une gêne dans le bas-ventre, une sorte de pesanteur, de masse au niveau du vagin ainsi que des troubles urinaires (fuites, augmentation de la fréquence des mictions, ou des troubles rectaux (difficultés à l'exonération, constipation, parfois incontinence) encore des troubles sexuels avec une gêne ou une douleur durant les rapports. 

Il s'agit parfois d'une boule qui sort de la vulve, notamment lors de la station debout ou accroupie, ou encore lors d'un effort. Le retentissement psychologique est majeur, avec davantage d'anxiété et de dépression, une dévalorisation, une désociabilisation.

Le prolapsus lié à l'accouchement


La descente d'organes ou prolapsus peut avoir plusieurs causes. Mais la première cause du prolapsus est l'accouchement. Au moment de l'accouchement, il y a une très forte traction et cela va créer de petites lésions sur les ligaments qui retiennent les organes.

Le prolapsus peut survenir plusieurs années après un accouchement. Pour limiter les risques, la rééducation du périnée permet de renforcer le plancher pelvien à long terme.

Prolapsus, les facteurs de risque et les traitements

La plupart du temps, le prolapsus se manifeste par une gène au niveau du bas-ventre, une sorte de pesanteur ou des troubles urinaires. Il est possible également de ressentir comme un corps étranger dans son bas-ventre. Ces signes sont accentués par la toux, l'effort, le port de charge lourde...

Le relâchement des muscles du périnée et des ligaments de soutien s'explique par plusieurs phénomènes. Les efforts répétés en sont une cause fréquente. Une intervention chirurgicale peut également affaiblir le périnée. 

Plusieurs grossesses ou l'utilisation de forceps distendent aussi le périnée et favorisent donc les prolapsus. La ménopause, enfin, s'accompagne d'une chute d'hormones, les œstrogènes, qui jouent un rôle important dans l'élasticité des tissus.

Quelle prise en charge du prolapsus  ?

Fixer des bandelettes pour traiter le prolapsus  —  Le Magazine de la Santé - France 5

Intervention par voie vaginale, ou coelioscopie (voire paragraphe 5), hystérectomie ou pas… Selon le stade du prolapsus, l'âge de la patiente, l'activité sexuelle ou les problèmes urinaires, plusieurs types d'opération sont possibles. Pour déterminer laquelle choisir, certains examens complémentaires sont indispensables comme l'examen gynécologique et le bilan urodynamique, l'échographie ou encore l'IRM pelvienne dynamique.

La pose d'un pessaire, anneau souple, est recommandée en traitement temporaire en attendant la chirurgie ou chez les femmes très âgées. L'application de crèmes et d'ovules à base d'estrogène pallie le manque d'hormones sexuelles au niveau vaginal. L'électrostimulation tibiale postérieure est utilisée en cas d'incontinence urinaire ou anale. La rééducation périnéale est aussi intéressante contre les fuites. Enfin, le laser vaginal est en cours d'évaluation.

En parallèle, la prise en charge des facteurs favorisants est indispensable : perte de poids en cas d'excès, remplacement des activités brutales par des activités plus douces, traitement de la constipation chronique. 

Prolapsus : le rôle de la rééducation périnéale

Après 45 ans, une femme sur deux serait concernée par un prolapsus, c'est-à-dire une descente de l'utérus, de la vessie ou du rectum. Dans certains cas, la rééducation périnéale suffit à réduire ce prolapsus, en remusclant le plancher pelvien. Les explications de Laure Mourichon, kinésithérapeute.

Laure Mourichon : "La rééducation périnéale consiste d'abord en une prise de conscience du périnée. Avant de débuter chaque séance, il est important de passer par un temps d'entretien et de bilan.

"Ensuite, le périnée est testé pour mesurer son degré de relâchement. En fonction des résultats, on va adapter le traitement. Ce dernier peut être manuel. On demande à la patiente de contracter et relâcher le muscle du périnée. On peut travailler également avec une sonde vaginale, le "biofeedback". Cet appareil permet de mesurer le degré de contraction et la patiente visualise ses efforts sur un écran.

"Enfin, il existe aussi l'électrostimulation. Un courant électrique à basse fréquence est envoyé dans la zone traitée. Cela permet une fois de plus de prendre conscience de son périnée et aussi de renforcer le sphincter et la vessie."

Laure Mourichon : "Une séance dure environ 30 minutes."

Laure Mourichon : "Tout dépend de la gravité du prolapsus. Dix séances peuvent suffire, mais ça peut être beaucoup plus long. La rééducation périnéale concerne avant tout les prolapsus de type 1 et 2.

"Il faut savoir que la rééducation périnéale ne permet pas de retrouver un périnée "tout neuf". Lorsque les ligaments sont trop étirés, on ne peut rien faire. Il faut alors laisser place à la chirurgie."

Laure Mourichon : "Oui, c'est même d'ailleurs fortement recommandé aux femmes. La rééducation s'effectue avec un kinésithérapeute et elle doit se poursuivre à la maison avec notamment des exercices de contraction et de relâchement. Il faut aussi savoir "verrouiller" son périnée lors de toux ou d'éternuements. On conseille aussi aux femmes de ne pas laisser une constipation s'installer car cela affaiblit le périnée au moment des poussées."

Laure Mourichon : "Tous les sports brusques ou de contact comme le tennis, le jogging, le trampoline sont à éviter. Il faut s'orienter vers des activités plus douces comme la natation ou la gymnastique."

Chirurgie : corriger un prolapsus

Chirurgie : maintenir les organes

La chirurgie est la solution ultime. Quand le prolapsus est très prononcé et gêne la vie quotidienne d'une patiente, il peut être opéré. L'intervention consiste à remonter le ou les organes à leur place. Souvent le chirurgien utilise une prothèse pour mieux les soutenir. L'opération doit permettre de retendre la paroi de l'organe qui descend, grâce à une bandelette. Pour cela, il existe deux possibilités : passer par les voies naturelles, dites basses, ou utiliser la cœlioscopie.

Cette dernière solution a de très bons résultats tout en diminuant les douleurs qui suivent l'opération. Elle s'adresse particulièrement aux femmes jeunes qui ont une activité sexuelle, mais également aux les femmes âgées, car elle offre une meilleure précision dans la pose du filet. La cœlioscopie diminue donc les risques de récidives.

Ci-dessous, le déroulement d'une cœlioscopie pour corriger un prolapsus. Attention, ce sont des images de chirurgie qui peuvent heurter la sensibilité de certaines personnes.

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· Ameli.fr
· Haute Autorité de Santé (HAS)
· Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF)

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