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Covid : une deuxième infection plus sévère que la première ?

La fabrication d’anticorps dits "facilitants" lors d’une première infection au coronavirus pourrait accentuer la gravité des symptômes lors d’une deuxième infection, selon des chercheurs italiens.

La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le
Image d'illustration. Représentation conceptuelle en 3D du coronavirus SARS-CoV-2 et d'anticorps spécifiques à ce virus.  —  Crédits Photo : © Shutterstock / Kateryna Kon

Et si le Covid-19 était plus grave la deuxième fois ? C’est ce que craignent des chercheurs italiens du département de santé publique de Trévise dans le cas d’une réinfection au SARS-CoV-2. Ils détaillent leurs réflexions dans un commentaire publié en juin par la revue BMJ Global Health.

Dans ce texte, ils émettent l’hypothèse qu’une première infection par le SARS-CoV-2 ou par un autre coronavirus pourrait prédisposer à des formes plus sévères de Covid-19 en cas de deuxième infection.
Le mécanisme en cause serait celui des anticorps dits "facilitants", déjà observé pour d’autres coronavirus comme le MERS et le SRAS, pour le virus de la dengue ou encore pour celui du Nil Occidental.

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Une réaction inflammatoire plus forte

Concrètement, ces anticorps facilitants, fabriqués par l’organisme lors de la première infection, entraîneraient une réponse immunitaire anormale dans les premiers stades d’une deuxième infection. Cette réponse anormale pourrait alors retarder la mise en place de la réaction immunitaire de la personne infectée contre le virus. Résultat, la réaction inflammatoire de l’organisme serait plus forte et augmenterait le risque de symptômes sévères, parfois même d’orages cytokiniques, ces fameux emballements du système immunitaire observés chez les patients atteints de forme grave du Covid-19.

"Si elle se confirme, cette hypothèse aurait des implications pertinentes pour le traitement du Covid-19 et le développement d'un vaccin efficace" notent les chercheurs dans leur publication. Ce risque est déjà connu pour les vaccins, puisque certains d’entre eux rendent les receveurs davantage susceptibles d'être infectés.

Deux pistes pour vérifier cette hypothèse

Cette hypothèse doit maintenant être confirmée ou infirmée. Le prochain objectif pour les chercheurs italiens est donc premièrement de vérifier si "les infections secondaires dues à d'autres coronavirus ou les réinfections communautaires répétées du SRAS-CoV-2 peuvent expliquer les formes plus graves de COVID-19 observées dans certains pays par rapport à d'autres". Ensuite, il faudra vérifier si, à condition que le virus circule et infecte une proportion importante de la population, il provoque "des réinfections et des caractéristiques cliniques plus graves" détaillent les chercheurs.

Comment faire pour vérifier cette hypothèse ? Les chercheurs proposent deux stratégies. La première, observationnelle, consiste à inscrire les personnes dépistées par un test sérologique et qui présentent des anticorps anti SARS-CoV-2 dans un registre spécial et à les suivre dans le temps pour détecter l’apparition d’une éventuelle forme grave stimulée par les anticorps facilitants.
La deuxième, expérimentale, repose sur une infection par le SARS-CoV-2 de modèles animaux en laboratoire, puis sur une réexposition de ces modèles au virus pour observer si une forme sévère du Covid-19 survient.

En attendant d'en savoir plus, la prudence et le respect des gestes barrières restent de mise, même pour les personnes qui ont déjà été testées positives au Covid-19.

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