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Faut-il porter un masque pour se protéger du coronavirus ?

Les Français ont pris d'assaut les stocks de masques de protection en papier depuis quelques jours, particulièrement en Ile-de-France. Pourtant, l'utilisation de ces masques n'est pas justifiée.

La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Depuis son apparition en Chine, la pandémie continue de se propager dans le monde.  —  Crédits Photo : © Peggy und Marco Lachmann-Anke / Pixabay

En France, certaines pharmacies ont fait face à un afflux de clients, Français ou touristes depuis quelques jours. Ces personnes souhaitaient se procurer des masques, après la confirmation le 24 janvier au soir de trois cas de personnes touchées par le coronavirus.

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"Encore aujourd'hui, si j'avais pu en vendre 100… c'est un client sur cinq qui m'en demande !", rapportait le 27 janvier Géraldine Leroy, pharmacienne à l'aéroport de Nice, en rupture de stock depuis la veille. "Tous ceux qui partent, qui voyagent, nous ont dévalisé, et ça va continuer toute la semaine".

Ruptures de stock locales

"Il y a eu plus de demandes de masques", qui ont pu créer des ruptures de stocks localement, car "en temps normal la demande est très faible, donc les pharmacies ne les stockent pas", expliqué à l'AFP Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF).

Un phénomène semblable s'était produit en 2009, lors de l'épidémie de grippe A-H1N1, rappelle Emmanuel Déchin, délégué général de la CSRP, qui rassemble les grossistes en pharmacie.

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« Masques de protection respiratoire »

Pourtant, les masques en papier, dits "masques chirurgicaux", "sont uniquement utiles quand on est soi-même malade, pour éviter de contaminer les autres", a souligné dimanche la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Leur port par prévention peut se justifier en Chine, où il est avéré que des foyers de personnes porteuses du virus ne sont pas encore identifiés. Mais "aujourd'hui, il n'y a aucune indication à acheter des masques pour la population française", a insisté Agnès Buzyn.

Une efficacité qui reste à démontrer

"Le port de ce type de masque par la population non malade afin d'éviter d'attraper la maladie ne fait pas partie des mesures barrières recommandées et son efficacité n'est pas démontrée", précisent les services du ministère.

Les "dizaines de millions de masques en stock" évoqués par la ministre correspondent à un stock d'Etat "constitué afin de répondre aux besoins des patients en cas de situation sanitaire exceptionnelle ce qui n'est pas le cas actuellement en France", ajoutent-ils.

« Croiser un contaminé ne pose pas de problème »

D'autant que selon les informations disponibles sur le virus, il peut se transmettre entre humains "mais par des contacts étroits, c'est-à-dire moins d'un mètre", observe le directeur général de la Santé Jérôme Salomon.

En clair, "croiser quelqu'un (contaminé, NDLR) dans la rue ne pose pas de problème" et "le risque est faible quand vous passez peu de temps à proximité de cette personne", ajoute-t-il.

Comment vraiment se protéger du virus ?

D'autres précautions comme le lavage fréquent des mains au savon ou avec une solution hydroalcoolique sont en revanche recommandées pour prévenir la propagation de l'ensemble des virus respiratoires. Cela concerne le coronavirus, mais aussi le virus de la grippe saisonnière, dont l'épidémie a commencé en France depuis quelques semaines.

"Nous expliquons cela aux patients", assure à l'AFP Gilles Bonnefond, président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO), qui observe que la demande "s'est calmée" lundi.

Quels sont les masques efficaces ?

Par ailleurs, en cas de contact prolongé avec une personne contaminée, ces masques en papier n'offrent pas une protection suffisamment efficace, notamment parce qu'ils laissent passer de l'air non filtré.

Il existe alors des masques "de protection respiratoire" (type FFP2), équipés d'un dispositif de filtration des poussières et des agents pathogènes. 

Ils sont indiqués pour les "personnes en contact avec des personnes malades, pour éviter de contaminer les infirmières ou les médecins qui les prennent en charge", a noté Agnès Buzyn. Pour ces derniers, le port de gants et de lunettes de protection est également prévu, a rappelé Jérôme Salomon.

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