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Personnes âgées : plus fragiles encore à l’hôpital

En France, on compte un million de personnes âgées de plus de 85 ans. En 2020, ce chiffre devrait doublé. Logiquement, de plus en plus de personnes âgées feront des séjours à l'hôpital. Mais une hospitalisation peut aussi accélérer le déclin physique et moral.

La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le

Une rupture avec le quotidien

A l'occasion d'une hospitalisation, la personne âgée change d'univers, de rythme ou encore d'habitudes alimentaires. En plus de la pathologie qui l'a menée à l'hôpital, cette rupture avec le quotidien va la fragiliser.

A titre d'exemple, une vieille dame autonome et vaillante tombe chez elle et se fait une fracture. Rapidement après son arrivée à l'hôpital, elle décline, ce qui se manifeste par une perte d'appétit, des propos confus et une absence de désir de sortir de son lit. Insidieusement, le processus de dépendance se met en place. Cette régression générale est redoutée par le personnel des services de gériatrie qui essaie de mettre en place des stratégies pour en détecter les premiers signes.

On dispose de quelques indications physiologiques pour expliquer la régression. Vieillir entraîne la perte de neurones dans le cerveau. De ce fait, il y a une diminution des fonctions cognitives, c'est-à-dire de l'ensemble des capacités mentales et intellectuelles. Ceci explique pourquoi les personnes âgées ont bien plus de mal à s'adapter à des changements d'environnement.

Des services adaptés aux personnes âgées

L'hospitalisation est synonyme d'éloignement et de dépendance pour les personnes âgées.

Dans les services de gériatrie, il faut donc tout faire pour que le malade ne perde pas son autonomie et augmente ainsi ses chances de guérison : activité physique, stimulation intellectuelle, ou présence d'une diététicienne au moment des repas... sont des dispositions fréquemment mises en place.

Le personnel s'investit beaucoup et doit prendre en compte au quotidien la fragilisation des malades d'un certain âge. Encore faut-il avoir les moyens humains d'assurer une présence stimulante. Dans les services de réadaptation, on compte cinq à six aides-soignantes pour une quarantaine de malades dépendants. Souvent, le personnel n'a donc même pas le temps de parer aux gestes essentiels.

La famille : un soutien essentiel

L'entourage proche, quand il le peut, a un rôle primordial à tenir. Il s'agit de prendre en charge moralement la personne âgée lors de son hospitalisation. En plus du soutien affectif, la famille permet de stimuler intellectuellement le malade en lui parlant de sa vie en dehors, de son passé...

En bref, considérer quelqu'un comme non malade lui permet de mieux surmonter la période difficile d'éloignement. Car pour nombre de personnes âgées, être hospitalisée est synonyme d'une séparation définitive avec leur maison. Elles le savent et le redoutent. On comprend bien alors pourquoi elles lâchent prise car la perspective de finir sa vie à l'hôpital ou dans une structure spécialisée est très angoissante.

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