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Que propose le groupe de députés unis contre les déserts médicaux ?

Des députés de tous bords politique se sont lancés dans un Tour de France des déserts médicaux. Leur but : sensibiliser la population et défendre leur proposition de loi. Mais que contient-elle ? Reportage.

Anaïs Plateau
Rédigé le , mis à jour le
Des députés de tous bords contre les déserts médicaux  —  Le Mag de la Santé - France 5

La Ferté-Macé, petite ville de l’Orne. Environ 5 000 habitants pour un unique médecin généraliste"Il y a 25 ans, il y avait 10 médecins. Lorsque je me suis installé, ils n'étaient déjà plus que sept et dernièrement, ça a été l'hécatombe, je suis le seul qui suis resté sur la ville. Ça fait que plus de la moitié de la population n'a pas dmédecin traitant sur le secteur", déplore le Dr Alexis Aubin, médecin généraliste. 

Les consultations durent environ un quart d’heure. Un rythme nécessaire pour tenir la cadence : le Dr Aubin fait une quarantaine d’actes par jour et gère environ 2 500 patients.

Un front commun de 40 députés

"Je suis là de 8h à 21h. Je ne pourrai pas faire plus parce qu'il y a une limite à l'exercice : ça s'appelle le burn-out", s'inquiète le Dr Aubin. Il n’est pas le seul dans cette situation. Dans l’Orne, il ne reste plus que 155 médecins pour 280 000 habitants. Il en faudrait presque deux fois plus.

Face aux déserts médicaux, une quarantaine de députés de tous bords ont tenté quelque chose qui ne s’est jamais fait avant. Députés républicains, France Insoumise, Socialistes et Renaissance font front commun pour trouver des solutions depuis juillet.

Ils les partagent aujourd’hui en faisant un tour de France des déserts médicaux. L’idée est d'informer la population et permettre que leur proposition de loi soit débattue à l’Assemblée nationale.

Permanence de soins, régulation de l'installation...

"Je suis allé voir la présidente de l'Assemblée, je suis allé voir la présidente de la commission des affaires sociales qui m'ont dit : c'est intéressant mais c'est très compliqué parce qu'il y a des oppositions, des résistances," explique Guillaume Garol, député PS de la Mayenne. "Il faut que le ministre de la Santé soit d'accord et il ne l'est pas complètement... Tout ce travail-là est fait pour convaincre autour de nous et qu'on nous laisse débattre."

Le député républicain et la députée socialiste de l’Orne ont travaillé main dans la main. Plusieurs idées ont émergé : des réflexions, comme la permanence des soins, l'exercice coordonné avec des infirmiers en pratique avancée et la régulation de l’installation des médecins. Un principe qui ne fait habituellement pas consensus.

6 millions de Français sans médecin traitant

"On a des locaux qui sont payés par le contribuable, on a des aides à l'installation... On a tout essayé et en fait ça ne fonctionne pas !", regrette Jérôme Nury, député LR de l'Orne. "J'en suis maintenant arrivé au point de dire que seule la régulation peut, dans l'immédiat, nous permettre de faire face à la désertification médicale qui est en train de gagner du terrain."

Pour les futurs médecins généraux, l'idée de la régulation a du mal à passer. "On nous dit : installez-vous deux ans dans un désert médical, rendez service à la patrie puis vous vous en allez... Mais que deviennent les patients ?", se désole Agathe Duval, collaboratrice du Dr Aubin. 

Selon un rapport du Sénat publié en 2022, plus de six millions de Français n'ont actuellement pas de médecin traitant.

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