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Fin de vie : des freins à la sédation profonde et continue subsistent

Depuis son instauration en 2016, de nombreux freins persistent à la possibilité d'endormir définitivement les malades incurables en très grande souffrance, selon un rapport du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie.

La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le

La "sédation profonde et continue jusqu'au décès" des patients en fin de vie est autorisée depuis l’entrée en vigueur de la loi Claeys-Leonetti de 2016. Un rapport présenté ce 28 novembre par le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie constate qu’il y est pourtant "peu fait recours". 

Sans entrer dans le détail des chiffres, les auteurs font état "d’une certaine frilosité des équipes soignantes à la mettre en oeuvre, engendrant de l'incompréhension, voire parfois de la colère chez les familles [...] qui avaient compris que c'était un droit devenu acquis depuis la loi de 2016".

Voir également : Le droit à la sédation profonde et continue à la peine

Ils identifient plusieurs explications possibles à cette situation. Tout d'abord, le fait que certains acteurs de terrain "font mal la différence" avec l'euthanasie et "considèrent la sédation profonde et continue jusqu'au décès comme un flirt avec le « faire mourir »".

Autre raison avancée, les réserves que nourrissent certains experts en soins palliatifs, chargés par la loi d'appliquer cette mesure alors même qu'ils estiment "qu'elle n'est pas la plus conforme à l'accompagnement qu'ils souhaitent apporter aux patients en fin de vie". Enfin, le rapport pointe un décalage entre d'une part les besoins des malades désireux d'avoir "rapidement" recours à la sédation et, de l'autre, "la lourdeur de la procédure".

Le rapport suggère "d'organiser l'accès à la sédation profonde et continue jusqu'au décès" pour garantir que les patients qui le souhaitent "puissent y avoir accès partout sur le territoire et de manière égalitaire, quelle que soit la spécialité médicale par laquelle ils sont pris en charge". Il préconise également "d'intensifier les actions de formation/information à destination des professionnels pour rendre la pratique moins anxiogène".

En mars dernier, la Haute Autorité de santé (HAS) a publié des recommandations pour encadrer strictement ce protocole. Mais elles ont été critiquées à la fois par les pro-euthanasie et par des praticiens qui les jugent trop détaillées pour être applicables. En juin, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait dressé un bilan très mitigé de la mise en place de la loi.

la rédaction d'Allodocteurs.fr

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