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"Pass contraception" : sa suppression en Ile-de-France fait polémique

Trop cher, pas assez efficace… Le Conseil régional d'Ile-de-France a décidé de mettre fin au "Pass contraception". Doté d'un budget de 20 000 euros, ce dispositif devait permettre aux jeunes filles d'accéder gratuitement et de façon anonyme à la contraception. Sa suppression provoque la colère des associations féministes.

La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le

"Il n'y a plus eu un "Pass contraception" distribué à une lycéenne d'Ile-de-France depuis janvier 2014". Ce matin, sur France Inter, Valérie Pécresse a tenté de mettre fin à la polémique. Pour la présidente de la région Ile-de-France, cette mesure s'arrête car c'est un échec.

Un accès gratuit et anonyme à la contraception

Lancé en 2011, le "Pass contraception" est un chéquier distribué par les infirmières scolaires. Il donne droit à deux consultations médicales, une prise de sang, un dépistage du VIH et à la délivrance de contraceptifs. Depuis sa création, 2.000 pass ont été distribués dans les lycées franciliens. Pour Isabelle Louis, présidente de la fédération Île-de-France du Planning Familial, sa suppression est inacceptable. Selon elle, il s'adressait à des jeunes qui "pouvaient être soit d'un quartier où il n'y avait pas de centre de planification donc c'était un moyen pour eux d'avoir cette information (…), soit dans des familles très contrôlantes, ce qui ne leur permettaient pas une autonomie pour avoir accès aux centres de planification".

Un dispositif peu connu

En avril 2015, un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) avait pointé plusieurs lacunes dans le dispositif : une information insuffisante et des modalités d'utilisation souvent peu lisibles pour les jeunes qui ne savaient pas toujours à qui s'adresser. Mais, pour la porte-parole d'Osez le féminisme !, ces raisons ne sont pas suffisantes : "on dit "il ne marche qu’à moitié donc on va le supprimer". Nous ne sommes pas d’accord avec cela. S’il ne marche qu’à moitié, améliorons-le, renforçons-le, généralisons-le… pour faire en sorte qu’il marche très bien et que la contraception soit quelque chose de facile pour toutes les jeunes filles".

Lors de la création du pass, le Dr Christian Jamin, gynécologue à Paris, soutient l’initiative. Mais, cinq plus tard, le bilan est mitigé. Dans son cabinet, il n’a pas eu une seule patiente venue grâce au dispositif. "Je pense qu’il faut continuer à travailler sur l’anonymat de la distribution de la contraception. Mais, il faut simplement réfléchir à la meilleure façon de le mettre en place. Un échec, cela arrive. Et, encore une fois, ce n’est pas une raison pour tout abandonner".

Le Conseil régional ne prévoit pour l'instant pas de dispositif de remplacement. Il souligne que, cette année, 300 000 euros seront consacrés à la campagne de prévention sur la sexualité et les grossesses précoces dans les lycées.

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