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Quand le clitoris fait mal

Le clitoris peut être le siège de douleurs chroniques, altérant la qualité de vie globale et sexuelle. Complexes, les clitorodynies nécessitent une véritable enquête clinique afin de trouver leur origine et adapter la prise en charge.

Dr Charlotte Tourmente
Rédigé le , mis à jour le
Quand le clitoris fait mal  —  Shutterlock

"Les clitorodynies peuvent prendre la forme de brûlures, démangeaisons, fourmillements ou irritations", précise la Dr Carine Martin, gynécologue médicale et sexologue au CHU de Lille. "Les clitorodynies s’intègrent de manière plus globale dans les douleurs vulvaires, parfois isolées au niveau du gland du clitoris, ou parfois irradiant de manière beaucoup diffuse dans la vulve et vers les compartiments contigus."

Des causes d'origine variée

Ces douleurs peuvent être la conséquence d’une affection médicale.

"Le diagnostic demande un interrogatoire précis et un examen clinique approfondi car les clitorodynies peuvent être en lien avec des pathologies diverses le plus souvent bénignes", explique, la Dr Martin.

L'examen clinique apporte des informations précieuses, permettant de rechercher une origine dermatologique, ou une infection comme par exemple une mycose de la vulve. Les clitorodynies peuvent également être l’expression d’une carence hormonale, d’un problème vasculaire ou encore de la compression d’un nerf comme la névralgie pudendale.

La cause n'est pas toujours localisée à la vulve : des douleurs vertébrales ou une anomalie posturale peuvent être en lien avec les clitorodynies.

Un interrogatoire médical complet est indispensable pour établir une cartographie précise de la douleur, une meilleure connaissance du mode d’apparition de la douleur, des facteurs qui la favorisent et ceux qui soulagent. Les examens complémentaires seront adaptés et orientés en fonction des symptômes.

"Si aucune cause organique n'est retrouvée, il peut y avoir une composante psychosomatique qu'il conviendra d'explorer", d'après la gynécologue.

Une prise en charge adaptée 

"La prise en charge s'adapte à l’étiologie et à la symptomatologie associée, reprend la Dr Martin. Elle peut être multidisciplinaire en fonction des symptômes. "

La gynécologue n'hésite donc pas à faire appel à ses confrères, dermatologues, urologues, gastroentérologues, ou médecins de la douleur dans le cadre de douleurs chroniques. Certains antidépresseurs ou antiépileptiques ont une bonne efficacité sur les douleurs neuropathiques, mais sont à manier avec prudence par des spécialistes.

"En cas de douleurs généralisées de l’ensemble du corps, un avis auprès d’un rhumatologue ou d’un médecin interniste est intéressant, le diagnostic de fibromyalgie étant à évoquer, poursuit la spécialiste. La kinésithérapie périnéale pourra apporter une détente des muscles de la région pelvienne, et sera intéressante en cas d'anomalie de la posture. Un avis auprès d'un ostéopathe peut également aider la patiente."

Selon la Dr Martin, il ne faut pas méconnaitre la localisation de la douleur : elle se place au centre de la patiente, de son sexe et de son couple si elle est en couple. Et cela n’est pas toujours un hasard…"Il faut écouter ce corps bavard et interroger d’éventuels événements de vie qui ont pu être vécus de manière intrusive, précise la Dr Martin. De plus quand un retentissement émotionnel fort est repéré, comme une anxiété ou une dépression, il est essentiel de s'aider d'une prise en charge psychologique."

Sur le plan sexuel, la Dr Martin recommande de respecter le langage du corps : "la sexualité peut aggraver la douleur ou la douleur être soulagée par l’orgasme, conclut-elle, il faut adapter la sexualité en fonction."

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